« L’adoption de l’enfant par le conjoint ou le grand-parent: don de soi ou cadeau empoisonné? »

Alain Roy, LL. D., professeur agrégé, Faculté de droit, Université de Montréal et chercheur associé à la Chaire du notariat

Réalisée dans un cadre relativement privé sur la base de consentements spéciaux, l’adoption d’un enfant par le conjoint de son parent ou par l’un de ses grands-parents soulève plusieurs enjeux identitaires que l’on a souvent tendance à négliger, voire à banaliser. Derrière le don de soi dont l’adoptant cherche à gratifier l’enfant se profile peut-être un cadeau empoisonné. Si, à court terme, l’enfant tirera vraisemblablement profit de l’engagement parental ainsi consacré, il pourrait éventuellement déplorer l’impact qu’une telle adoption aura eu sur sa filiation d’origine.

Un réaménagement législatif s’impose pour colmater les brèches du régime juridique actuel. De nouveaux mécanismes permettant de dissocier plus facilement l’autorité parentale de la filiation (délégation ou partage d’autorité parentale) et, éventuellement, d’atténuer les impacts résultant du jugement d’adoption sur la filiation d’origine (adoption simple) constituent des pistes prometteuses qu’il convient d’explorer, au bénéfice des enfants concernés.

Ce contenu a été mis à jour le 1 juillet 2017 à 22 h 54 min.

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