Colloque de droit comparé Chaire du notariat – Université de Montréal, Centre de droit privé – Université libre de Bruxelles « Regards croisés sur le couple à la lumière des droits québécois et belge »

En collaboration avec le Centre de droit privé (Unité de droit familial) de l’Université libre de Bruxelles

13h Conférence d’ouverture : Les visages de la conjugalité au Québec, Brigitte Lefebvre, professeure, Titulaire de la Chaire du notariat, Université de Montréal

Atelier 1 : Histoires de couple

13h20

Conjugalité : regard belge

Alain-Charles Van Gysel, professeur, Directeur du Centre de droit privé, Université libre de Bruxelles

Résumé : Son exposé – dont le texte original a été écrit par Solange Brat- porte sur la protection du logement de la famille, qui est une idée fixe du législateur belge, au travers des trois régimes de conjugalité que connaît le droit belge : mariage, cohabitation légale et union libre. Durant la vie commune, le mariage (et la cohabitation légale, par renvoi) crée une règle impérative de gestion conjointe du logement familial, même s’il n’appartient qu’à un seul des partenaires. Cette protection n’existe pas dans l’union libre, sauf par les mécanismes du droit commun des indivisions. La dissolution du couple par séparation maintient une certaine protection dans le mariage, où, si les parties sont mariées en régime légal de communauté (qui est supplétif), ils peuvent chacun revendiquer l’attribution préférentielle de l’immeuble; et dans la cohabitation légale, où la jouissance du logement peut être attribuée l’un des cohabitants durant un an maximum. Lors de la dissolution de l’union par décès, le conjoint survivant peut, selon le cas, revendiquer ou l’attribution préférentielle du bien, ou son usufruit en tant que réserve successorale (impérative) concrète. Le cohabitant légal survivant recueille depuis 2007 l’usufruit du logement familial ou le droit au bail sur ce bien, mais il ne bénéficie pas d’une réserve. Le simple concubin n’est nullement protégé, ni en cas de rupture, ni en cas de décès, sauf si le partenaire prédécédé a fait un testament en sa faveur ou que le bien a été acquis avec une clause de tontine ou d’accroissement.

13h45

Insolvabilité du couple : regard canadien

Me Sylvie Berthold, Coordonatrice des études notariales, Université de Montréal

Résumé : Le taux d’endettement des familles au Canada est inquiétant. L’impact d’une faillite sur la vie familiale n’est pas négligeable. Les amendements à la Loi sur la faillite et l’insolvabilité entrés en vigueur le 18 septembre 2009 favorisent le recours à la proposition de consommateur comme solution à l’endettement au lieu de la faillite. Faire une proposition de consommateur à ses créanciers est-il vraiment avantageux pour la famille?

14h05

Insolvabilité du couple : regard belge

Me Stéphanie Degrave, Université libre de Bruxelles

Résumé : La conférencière traitera de la question « Les époux face l’insolvabilité : quelle (in)sécurité juridique ? ». Elle analysera l’état actuel du droit belge sur ce point et étudiera plus particulièrement les mécanismes mis en place par le législateur -pour tenter de réaliser un équilibre entre les intérêts du couple et ceux des créanciers-, selon une approche qui vise la conclusion du contrat, l’exécution forcée et les procédures collectives d’insolvabilité.

14h30

Le couple et ses créanciers : Aspects civils

Me Simone Nudelholc, Université libre de Bruxelles

Résumé : Son exposé porte sur le difficile équilibre que le Code civil belge tente de réaliser entre deux impératifs contradictoires : d’une part, le crédit du couple marié, qui suppose que l’on reconnaisse aux créanciers, dans un certain nombre d’hypothèses, un recours sur les trois patrimoines qui coexistent dans un régime de communauté (le patrimoine propre de chacun des époux et le patrimoine commun) et d’autre part, la protection de chacun des conjoints contre les imprudences financières de l’autre. La recherche de cet équilibre a conduit le législateur belge à consacrer un système complexe, qui repose sur de nombreuses distinctions et sous-distinctions opérées entre les dettes contractées par l’un des membres du couple ou par les deux ensemble. Les règles applicables pendant la durée du mariage doivent être complétées par un autre corps de règles non moins complexes qui régissent les recours des créanciers contre chacun des époux (en cas de dissolution du mariage par divorce) ou contre le survivant et les héritiers du prémourant (en cas de dissolution du mariage par décès).

15h05

Période de questions

15h15

Pause santé

 

Atelier 2 : Histoires de famille

15h45

Homoparenté, Homoparentalité, Adoption : regard belge

Me Nicole Gallus, Université libre de Bruxelles

Résumé : Son exposé porte sur l’évolution des concepts de filiation et de parenté -et sur la notion nouvelle de parentalité détachée du lien juridique de filiation-, en parallèle avec l’apparition de formes multiples de vie commune qui ont conduit à dissocier mariage et filiation et à reconnaître l’égalité nécessaire de tous les enfants au plan de l’établissement et des effets de leur filiation, indépendamment de l’état civil de leurs père et mère.

Ce phénomène concerne notamment les familles monoparentales et les familles recomposées, hétérosexuelles ou homosexuelles, et remet progressivement en cause le caractère bilinéaire et bisexué de la filiation dont le droit belge a déjà supprimé la nécessité dans le domaine de l’adoption par des couples de même sexe.

Les revendications à l’homoparenté ou à l’homoparentalité ainsi que le progrès dans l’assistance médicale à la procréation conduisent à une interrogation sur le droit à l’enfant opposé au droit de l’enfant ainsi que sur la fonction même du droit dans la fixation d’une frontière entre la norme d’ordre public et l’autonomie de la volonté dans la conception de l’enfant et dans l’accès du lien au statut légal.

Cette question conduit également à une interrogation sur les fondements mêmes du lien et notamment sur la place -au regard de l’intérêt de l’enfant-, que la vérité biologique doit occuper par rapport à l’engagement parental, la responsabilité affective et éducative, l’acceptation du lien.

16h10

Regards sur la famille homosexuelle : la reconnaissance de l’homoparenté en droit québécois

Benoît Moore, professeur, Titulaire de la Chaire Jean-Louis Baudouin en droit civil, Université de Montréal

Résumé : La présente conférence propose de faire le point, près de huit plus tard, sur la réforme de la filiation de 2002, plus spécifiquement en ce qui concerne la procréation assistée dans un contexte d’homoparenté. Il sera notamment discuté de ce que constitue un projet parental, des notions d’assistance médicale, artisanale et amicale à la procréation, du «bouclier filial» de même que de la question controversée et d’actualité de la maternité de substitution.

16h30

Regards sur l’Avant-projet de loi modifiant le Code civil du Québec en matière d’adoption et d’autorité parentale

Alain Roy, professeur, chercheur associé, Chaire du notariat, Université de Montréal

Résumé : Au cours des dernières décennies, le législateur québécois a modifié le droit de l’adoption à plusieurs reprises, principalement pour faire écho à l’évolution du cadre institutionnel régissant la protection de la jeunesse, à l’accès des enfants à l’égalité, aux principes de non discrimination enchâssés dans la Charte québécoise des droits et libertés de la personne et aux exigences de la Convention sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale. L’avant-projet de loi modifiant le Code civil en matière d’adoption et d’autorité parentale déposé par la ministre de la Justice l’automne dernier témoigne d’une intention gouvernementale de poursuivre l’évolution législative, à la lumière des nouvelles réalités de l’adoption. Parmi les changements proposés se trouvent l’introduction d’une forme d’adoption sans rupture du lien de filiation d’origine, la consécration des pratiques d’adoption ouverte et la reconnaissance de nouvelles modalités de délégation et de partage d’autorité parentale. Ces changements, dont certains trouvent leur inspiration dans le droit français et belge, permettront à l’enfant de bénéficier d’une certaine continuité par rapport à ses origines.

16h50

Période de questions

17h

Vin d’honneur


Cette activité a lieu à la Faculté de droit de l’Université de Montréal au salon des professeurs (local A-3464), Pavillon Maximilien-Caron, 3101 Chemin de la Tour ou 3200, rue Jean-Brillant. L’entrée est gratuite. L’entrée est gratuite. L’inscription est obligatoire et peut être faite au plus tard cinq (5) jours avant la tenue de l’activité.

Des attestations de participation valant pour 3 heures 45 minutes de formation juridique seront remises aux notaires.

Ce contenu a été mis à jour le 1 juillet 2017 à 22 h 48 min.

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